Naufrage d'Emmanuel Souza et de sa femme Eléonore Garcia Sala en 1553

 

 


Naufrage d’Emmanuel Souza et de sa femme
Eléonore Garcia Sala
sur les côtes orientales d’Afriques en 1553

Tiré des "histoires des naufrages" Par Deperthes et Garnier en 1789 -
Pascal Kainic




Emmanuel Souza de Sépulvéda, issu d’une famille des plus anciennes du Portugal se fit un nom dans les Indes par son courage et ses belles qualités. Il obtint vers le milieu du 16ème siècle le gouvernement de la citadelle de Diu, à l’ouest de l’actuelle Indes.

Mais fortement pressé du désir de revoir son pays natal, il s’embarqua au port de Cochin. Le vaisseau qu’il montait était chargé des richesses qu’il avait amassées et de celles des officiers et passagers qui l’accompagnaient.

Souza ramenait avec lui sa femme Eléonore Garcia, fille de Sala qui pour lors était général des Portugais dans les Indes, ses enfants, Pantaléon Sala, son beau-frère avec quelques officiers et gentilshommes. Le nombre de matelots, des domestiques et des esclaves étaient for grand; tout l’équipage montait à 600 hommes environ.

L’expérience de la mer et des vents a fait reconnaitre le mois de janvier comme la saison la plus favorable pour passer des Inde en Europe. Le 13 du mois d’Avril, ils découvrirent la côte des Caffres: de là, le navire fit voile assez heureusement jusqu’au cap de Bonne Espérance, mais alors un vent du Nord s’étant levé, excita le plus épouvantable ouragan qu’on eut jamais éprouvé sur ces mers.

Le ciel s’obscurcit tout à coup; les vagues soulevées jusqu’aux nues menaçaient à chaque instant d’engloutir le vaisseau: l’obscurité n’était interrompue que par des éclairs continuels et par un tonnerre affreux qui portaient l’effroi dans les cœurs des plus déterminés.

Le pilote et les matelots désespérants de pouvoir résister avec l’aviron, délibérèrent s’ils devaient attendre en mer que la tempête fût passée, mais épouvantés du redoublement de l’orage et ne pouvant plus se flatter, à cause de la saison, de doubler le Cap, d’un commun accord, ils firent voile vers l’Inde. Ce dessein ne sut pas plus heureux que l’autre et les vents déchainés semblaient avoir conspiré contre ce misérable vaisseau, déjà fort endommagé. Mais après plusieurs jours d’une tempête continuelle, un vent du midi décida de leur sort et les fit échouer.

C’était le moindre des maux qui leur pouvaient arriver. On jeta l’ancre aussitôt à la portée d’un trait de terre et les chaloupes qui étaient leur dernière espérance, furent mises à la mer. Sousa, sa femme et ses enfants, ainsi que les principaux de sa suite, ayant pris à la hâte ce qu’ils pouvaient avoir de plus précieux, se jetèrent dedans, mais les dangers les suivaient; la violence des flots soulevés par les vents et pressés par les bords du rivage, élevaient des montagnes d’eau capables de les abîmer. Cependant, ils gagnèrent la terre avec beaucoup de peine et de péril.

Tous ne purent pas se servirent des chaloupes car après le 3ème trajet, elles furent englouties et brisées sur des rochers cachés sous l’eau. En même temps, le câble de l’ancre se rompit et les personnes qui étaient restées à bord du vaisseau n’eurent d’autres moyens de se sauver que de se jeter à la mer pour gagner le rivage. Les uns se saisirent des tonneaux ou des coffres, d’autres se sauvèrent grâce à leur force et à leur habilité à nager.

Très peu, néanmoins eurent le bonheur d’arriver sans accident et ce naufrage couta la vie à près de 300 personnes, portugais ou étrangers. A peine avaient-ils touché la terre que le vaisseau s’abîma. Cette perte jeta les portugais dans le plus grand désespoir. Le pays où ils échouèrent était sous 31° de l’équateur au midi…


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