Le trésor perdu de la “Reliance”
- Pascal Kainic -
~ Fortune de mer sur la côte picarde ~
L’Aventure débute toujours par plus de questions que de réponses…
Avons-nous redécouvert l’épave tant convoitée par des générations de sauveteurs ?
Nous nous empressons alors de déclarer notre découverte aux autorités maritimes locales, un peu frustrés de ne pas pouvoir aller plus loin dans nos investigations, pour le moment. A Marseille, la DRASSM (Direction des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines) est aussitôt prévenue de nos travaux. Nous sommes dès lors, les Inventeurs de l’épave vis-à-vis des autorités françaises.
Cet organisme d’état, qui dépend directement du Ministère de la Culture, est chargé de gérer le patrimoine sous-marin des épaves sur toutes les côtes du littoral français. Selon la législation française, nous avons désormais un droit prioritaire sur d’éventuels groupes ou plongeurs qui voudraient reprendre ce dossier. De plus, un élément important dans le dossier d’archive nous incite à continuer dans notre projet ; c’est la découverte du descendant du banquier qui s'était porté acquéreur, à l'époque, de la souille de l’épave.
Nous avons ainsi retrouvé un véritable propriétaire d’une épave du milieu du dix-neuvième siècle. Absolument inédit en France, la législation très stricte en matière d’épaves "historiques", lui permet cependant de revendiquer la propriété de l'épave de la "Reliance".
Des accords sont signés, entre nous, pour de futurs projets de fouilles.
En France, la loi en matière de fouilles d’épaves est terriblement astreignante. Toute découverte d’objet ou de vestiges d’épave doit être obligatoirement déclarés à cette autorité. Dès lors, seuls des archéologues ou des plongeurs agréés ont la possibilité de mettre en place un projet de fouille. Une prime de compensation est théoriquement accordée aux inventeurs de l’épave, mais en réalité il y a peu de cas dans ce genre et la prime prévue est de toute façon extrêmement faible pour motiver les investisseurs potentiels.
Difficile, dès lors, d’envisager la mise en place d’une opération coûteuse de sauvetage avec des fonds privés; et la "Reliance" ne semble pas échapper à ce cadre. Cependant, la loi précise aussi que dans certains cas, bien mal définis, un propriétaire déclaré peut réclamer son bien et échapper à la loi très stricte de protection du patrimoine archéologique sous-marin.
Cet évènement ne s’était encore jamais produit auparavant et ce cas unique en son genre pose de véritables problèmes. Nous ne savons pas encore s’il nous sera possible de disposer de la cargaison, si nous arrivons à la sauver un jour.
En marge de ces problèmes purement administratifs auxquels nous ne pouvons nous soustraire, subsiste le problème majeur de la faisabilité même du projet de fouille. Sur ces côtes, les marées sont de très grandes amplitudes, ce qui nous laisse très peu de temps pour effectuer un travail sous-marin suivi. Entre 2 marées, un trou creusé dans le sable serait systématiquement recouvert à la marée suivante et il faudrait tout recommencer de nouveau. De quoi décourager les sauveteurs les plus obstinés...
D’autres systèmes pourraient être envisagés pour isoler le site de l’épave et le soustraire ainsi aux aléas des marées, mais les coûts seraient sûrement considérables.
Enfin, les trésors de la "Reliance" pourront encore dormir sagement au fond de l’eau et dans leur gangue de sable, en attendant de trouver les solutions adéquates pour son sauvetage, ainsi qu’une clarification des autorités culturelles au sujet de leurs propriétés.

...Pour lors, les opérations sont suspendues,
mais nos espoirs de découvertes ne sont que partie remise.
Nous ne sommes pas les premiers à tenter cette aventure sur nos côtes
et le mystère subsiste toujours sur le trésor encore à bord...